Récit d’un licenciement pour faute grave par un salarié

Accident de trajet, difficulté dans un poste nécessitant un meilleur anglais et refus de changer de poste, nombreux retards, avertissement et finalement un licenciement pour faute grave.

 Question sur un licenciement pour faute graveGUY

J’ai postulé pour un emploi par agence [A….] il y a à peu près un an, suite à un entretien avec une personne RH en français/anglais, j’ai eu un entretien téléphonique en anglais et finalement j’ai été embauché, le 23 juin de l’année dernière, en tant que téléconseiller UK/CDI.

Lors d’un trajet à mon travail un mois après mon embauche, pour ne pas louper mon train j’ai couru et sauté dans le train où je suis resté bloqué à genoux pendant dix bonnes minutes, avant de réussir progressivement à me mettre debout, pour aller au travail. Je boitais énormément. Une fois sur les lieux je vois mon superviseur et lui fais part de mon problème de dos. Elle me dit tu es là tu travailles. Je n’allais pas bien du tout, j’appelle mon médecin et prend un rendez-vous pour 2 heures plus tard, je signe un bon pour partir du travail et voir mon médecin.

Après avoir vu mon médecin, il me dit de passer une IRM qui dévoilera 3 hernies dont une grosse. Un spécialiste me dira : il faut opérer, sinon dans quelques mois vous serez paralysé. Opération du dos deux mois après mon embauche. Apres ma convalescence, je retourne au travail deux mois plus tard. De nouveaux membres sont dans l’équipe, plusieurs personnes étant parties ou licenciées. J’ai eu rendez-vous à la médecine du travail et il me dise: si vous êtes assis ce n’est pas bon pour votre dos, il faudrait vous lever 5 mn toutes les heures et avoir un aménagement de poste. Je donne ces consignes par lettres au RH. Ceci étant dit, je me levais donc toutes les heures 5 mn, mais ça ne plait pas trop… et pas d’aménagement de poste.

Après plusieurs semaines, j’ai une évaluation d’entreprise sur mon travail, très négatif en général.

Ma manager vient de me demander de bouger de l’équipe anglaise, sur l’équipe française, car elle pense que mon anglais n’est pas suffisamment bon et grammaticalement correct pour les mails. Je dis non, car si j’ai joint l’équipe anglaise, c’est pour continuer à parler anglais. Elle me dit: il va falloir que l’on trouve une solution. Suite à cet entretien, je ne me sens pas adhérer de mon mieux à l’équipe et suis un peu à l’écart.

Quelques semaines passent et de nouveau une évaluation de deux superviseurs, encore plus négatifs et ils me disent à leur tour de bouger sur l’équipe française ; je dis non de nouveau, car je voudrais rester avec l’équipe anglaise. Ma manager de qualité a même mentionné que de toute façon, elle n’aurait pas assez de temps pour m’enseigner la grammaire requise pour faire des mails. La plateforme UK est la plus exigeante, mais la moins bien managée.

J’ai raccroché a un client sans le vouloir, et lors d’une troisième évaluation on me dit que cela ne se fait pas, tout est enregistré, vidéos et appels. Je suis souvent en retard en décembre, car les transports ne sont pas réguliers et suivant les heures c’est pire. J’ai un premier avertissement en Janvier pour mes retards en décembre, pratiquement un jour sur deux. Mon trajet est RER E, Ligne 13, RER C, au mieux 1h15, au pire 1h45…

En février je reçois une lettre pour un autre entretien, lors de celui-ci le représentant RH me dit : on va décider sous 48h si on vous donne un 2eme avertissement, ou si un licenciement aura lieu. J’avais fait une demande de rupture conventionnelle avant le deuxième entretien, qui est restée sans réponse.

Le 26 février un de mes superviseurs me dit à 18h, de lui parler après avoir fini mon travail. Il me dit : la décision a été prise cet après-midi nous arrêtons ton contrat maintenant (CDI), j’aurai besoin de ton badge et tous tes papiers te seront transmis. Le 10 mars j’attends toujours ma fiche de paye de février, mon solde de tous compte, certificat, attestation pôle emploi.

Je pense aussi avoir subi un harcèlement moral, pendant plusieurs mois suite à mon opération du dos.

J’ai eu un licenciement pour faute grave, contenu de la lettre : pour des retards au travail durant les mois de Janvier (3) et février (2), j’ai essayé d’y remédier mais les transports restent les transports.

Bien cordialement.

 Réponse sur un licenciement pour faute graveAdmin

Bonjour,

Je vous remercie de votre témoignage.

Je vous ferais juste quelques commentaires :

1- concernant la faible implication du médecin du travail

D’abord, il me semble regrettable que le médecin du travail ne se soit pas plus impliqué par rapport à vos difficultés, suite à votre accident de trajet et à la visite de reprise.

2 – Votre refus d’un changement d’équipe

Votre choix a été de refuser de passer dans l’équipe française… Votre position a été courageuse dans le sens de vos aspirations. Mais, les suites de votre histoire doivent donner à réfléchir à nos lecteurs : le manque de souplesse par rapport aux attentes d’un employeur peut avoir des conséquences. Il faut comprendre qu’un employeur, même s’il doit assurer la formation de ses salariés, attend de ses salariés qu’ils soient pleinement opérationnels et non du personnel en formation.

NB : Selon le contrat de travail, au niveau des horaires et du lieu de travail ou de la mobilité prévue, le refus de rejoindre une nouvelle affectation notifiée peut être considéré comme un abandon de poste et être passible d’un licenciement pour faute grave à ce titre.

Pour ce qui concerne les retards, il y a beaucoup de salariés en région parisienne qui connaissent les mêmes difficultés. C’est un vrai problème qui dépend des pouvoirs publics, de la RATP et de la SNCF.

3 – Y-a-t-il eu harcèlement ?

Le terme de harcèlement est souvent utilisé trop facilement par beaucoup de salariés. Un harcèlement, pour être reconnu, doit reposer sur des faits assez forts. Si des reproches sont justifiés et assortis d’une proposition de changement de poste solutionnant le problème, ou si des retards sont sanctionnés, même si le management n’est pas très compréhensif, il ne semble pas que ce soit du harcèlement.

Ceci dit, j’espère que vous rebondissiez professionnellement.

Bien cordialement.

Rejoignez la page Licenciement pour faute grave

ou la page Exemple de fautes graves

 

Le site Licenciement pour faute grave est le 1er site complet d’expertise et conseil autour du licenciement pour faute grave et de la faute grave. Article : Récit d’un licenciement pour faute grave par un salarié. Les mots clés sont : licenciement pour faute grave ; faute grave ; licenciement faute grave ; accident de trajet ; changement de poste ; avertissement ; licenciement pour faute ; licenciement ; retard au travail ; harcèlement moral ; procédures ; lettres ; salarié ; employeur.